Ebola : stoppons l’épidémie

Comprendre Ebola

La maladie à virus Ebola est une fièvre hémorragique qui tue 25% à 90% des personnes infectées. Identifiée pour la première fois en 1976, elle a provoqué de nombreuses épidémies, principalement dans les villages isolés d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest.

Comment le virus se transmet-il ?

La transmission s’effectue par contact direct avec les liquides corporels (sang, sperme, excrétions, salive) d’une personne infectée. Cela explique qu’Ebola se propage souvent parmi les membres de la famille et les amis quand ils s’occupent de personnes malades ou des cadavres. La maladie peut aussi se propager rapidement dans les établissements de soins de santé (comme un hôpital) si le personnel de l’hôpital ne porte pas un équipement de protection approprié – masques, blouses et gants – ou ne stérilise pas les instruments (aiguilles notamment).
Le contact avec les animaux sauvages (singes, chauves-souris) est aussi source de contagion.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes apparaissent 2 à 21 jours après la contamination, 8 à 10 jours la plupart du temps. La confirmation d’un cas nécessite de réaliser un test dans un laboratoire de référence. Les premiers symptômes sont peu spécifiques : fièvre soudaine, grande fatigue, douleurs musculaires, maux de tête, mal de gorge. Surviennent ensuite des vomissements, diarrhées, éruptions cutanées et des hémorragies internes ou externes qui peuvent être importantes. La guérison ou le décès intervient après une dizaine de jours.

Existe-t-il un traitement contre le virus ?

Il n’existe aucun traitement curatif spécifique validé, mais le traitement des symptômes et une hygiène stricte augmentent le taux de survie des patients.

Korlia Bonarwolo

Korlia Bonarwolo, auxiliaire médical, 25 ans, a contracté Ebola en juin 2014 en soignant une collègue

« Lorsque j’ai été contaminé, il n’y avait pas encore d’équipements de protection personnelle. Le fait de ne rien savoir sur la gestion de cette maladie était un réel défi pour les travailleurs de santé qui s’est soldé par de nombreux décès dans la profession. Lorsque je suis sorti du centre, il m’a fallu plus d’un mois pour me remettre. J’étais très faible et j’avais perdu du poids. La stigmatisation est également un problème. Quand je suis rentré chez moi, certaines personnes se tenaient à grande distance pour me parler. Cette peur d’être contaminé par un survivant existe parfois même au travail et certains ont perdu leur emploi à cause de l’épidémie. »

5 choses à savoir sur Ebola

Ebola a été identifié en 1976

mais l’épidémie actuelle est la plus mortelle jamais connue

Ebola est mortel

dans 25 à 90% des cas

Ebola se transmet de 3 manières

par le sang ou les fluides corporels d’une personne malade ou morte d’Ebola, par les objets contaminés tels que des seringues ou au contact d’animaux infectés

La prévention est l’arme numéro 1

Il n’existe pas de traitement efficace contre Ebola

Ebola menace l’accès aux soins pour tous

1 accouchement sur 6
mis en péril par Ebola

2 8 4 6 8
cas dénombrés depuis décembre 2013

Stoppez le compteur!

Agir maintenant !

Décembre 2013
Guinée
Un petit garçon de 2 ans est la première victime identifiée de l’épidémie d’Ebola.
Mars 2014
Libéria
Deux premiers cas sont identifiés.
Mai 2014
Sierra Leone
Premiers cas et premiers décès. La contamination a eu lieu lors des funérailles d’un guérisseur ayant été au chevet de malades guinéens
Juillet 2014
Nigeria
Premier décès à Lagos.
Au total on dénombre en Afrique de l’Ouest 1 603 cas et 887 décès.
Août 2014
Sénégal
Premier cas enregistré au Sénégal. L’épidémie a désormais touché 3 707 personnes et en a tué 1 808.
Septembre 2014
Nigéria
Le Nigéria semble avoir contenu l’épidémie. Elle progresse partout ailleurs :
7 492 cas, 3 439 décès.
Octobre 2014
Mali
Une petite fille de 2 ans décède d’Ebola.
Elle revenait de Guinée.
Fin de l’épidémie au Nigéria et au Sénégal.
Décembre 2014
20 081 cas
dont 7 842 mortels,
ont été notifiés
dans 8 pays.
2015
L’épidémie continue
Il faut lutter contre Ebola et sauver les systèmes de santé.
Comment agir ?

Ebola pose un double défi. Celui de la prévention, pour éviter la propagation d’une épidémie ravageuse, et celui du soutien aux systèmes de santé, déjà fragiles, pour les aider à faire face à l’épidémie tout en continuant à soigner la population.

L’urgence : prévenir la propagation de l’épidémie

Des mesures de prévention ont été prises dans de nombreux pays : points d’entrée (aéroports, ports) et de circulations dans le pays équipés de thermomètres, ambulances disponibles pour les personnes qui présenteraient des symptômes à leur arrivée…

Mais sur le terrain, en particulier dans les villages isolés où l’épidémie fait le plus de ravages, les équipes doivent faire face à des rumeurs propagées par les guérisseurs locaux notamment. On entend ainsi qu’Ebola est une invention des ONG pour récolter des fonds, qu’Ebola a été amené par l’Occident, qu’Ebola s’attrape dans les hôpitaux… et on assiste quelquefois au déni de la maladie par les communautés. Tous ces facteurs compliquent la riposte à l’épidémie et donnent même lieu à des scènes de violences dans certains pays.

Médecins du monde a donc fait le choix de diffuser les messages de prévention directement dans les villages, auprès des communautés, en prenant en compte leurs pratiques culturelles et religieuses.

Pierre Sallah

Pierre Sallah, coordinateur général, Médecins du Monde Libéria

« Nous avons formé des relais communautaires pour qu’ils délivrent des messages efficaces sur les modes de transmission et les modes de prévention du virus Ebola. Nous expliquons également la marche à suivre quand on pense présenter les symptômes d’Ebola. Avec des mots simples, compréhensibles pour tous, nous travaillons à renforcer les connaissances de la population sur la maladie et ainsi à réduire son incidence puis à stopper sa propagation. »

Ebola et après ? Soutenir des systèmes de santé dépassés

Dans les pays touchés par l’épidémie, en particulier au Libéria, en Sierra-Léone et en Guinée, le système de santé a du mal à faire face à l’épidémie. Les structures de soins, qui y étaient déjà peu nombreuses et souvent mal équipées, sont désertées par le personnel qui a peur d’être contaminé.

Le deuxième volet d’actions de Médecins du Monde s’est donc développé autour de ces structures sanitaires, pour leur permettre d’accueillir à nouveau la population qui n’arrivait plus à se faire soigner pour des maladies non Ebola, comme le paludisme, la fièvre typhoïde, ou diverses blessures.

Le Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap) estime ainsi que 1 accouchement sur 6 pourrait être mis en péril par l’épidémie Ebola au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée en 2015. Les sages-femmes craignent en effet une contamination par les fluides lors de l’accouchement. Faute de soins d’urgence, les complications pourraient engendrer un risque vital pour les mères comme pour les bébés.

A Monrovia, Médecins du Monde aide à rouvrir les centres de santé fermés et à garantir la sécurité du personnel et des malades au regard de l’épidémie. Mais aussi à approvisionner les structures en médicaments et en consommables (kits de protection à destination des soignants). Une façon de relancer, sur le long terme, un système de santé fragile qui menaçait de s’effondrer.

De retour de Monrovia, le Dr Gilbert Potier, directeur des Opérations Internationales de Médecins du Monde, dresse le portrait d’une épidémie aux conséquences dévastatrices.

L’enterrement des corps des victimes du virus ebola requiert de nombreuses précautions. La famille du défunt ne peut y participer.

La désinfection du matériel servant au transport des malades est une étape essentielle du protocole de sécurité.

Dans le centre de traitement ebola tenu par Médecins du Monde à Moyamba, en Sierra Leone, gants, tabliers et bottes sont soigneusement désinfectés.

Les personnels soignants de Médecins du Monde au Centre de traitement de Moyamba, en Sierra Leone, revêtement l’indispensable équipement de protection.

Médecins du Monde forme les personnels de santé à se protéger efficacement contre Ebola.

Clé de la prévention, la désinfection est au cœur des formations de Médecins du Monde.

Les personnels de santé doivent être formés au transport sécurisé des cas suspects d’Ebola.

Les relais communautaires de Médecins du Monde expliquent aux habitants comment se prémunir
contre Ebola.

Les travailleurs communautaires de Médecins du Monde informent les familles jusque
dans les villages reculés.

La prévention passe aussi par des peintures murales qui alertent les populations et illustrent les modes de contamination.

Korlia Benarwolo a survécu à Ebola. Ce soignant vient aujourd’hui en aide aux malades et apporte son témoignage aux populations.

Monrovia, capitale du Libéria, a été très touchée par Ebola. Médecins du Monde y appuie 5 Centres de Santé et soutient près de 600 000 personnes.

18 tonnes de matériel de protection Ebola et de médicaments de soins primaires ont déjà été livrés à Monrovia.

L’urgence Ebola, c’est aussi rétablir l’accès aux soins dans les centres de santé désertés,
comme ici, à Monrovia.

La fermeture des hôpitaux contraint nombre de malades et de femmes enceintes à se tourner vers les Centres de Santé soutenus par Médecins du Monde.

Traitements, consommables médicaux… Les Centres de Santé manquent de tout. Médecins du Monde leur livre du matériel pour maintenir l’accès au soin.

Des zones d’isolement sont construites à l’entrée des Centres de santé pour protéger soignants
et patients et garantir l’accès aux soins.

Notre action

Médecins du Monde est présent dans 8 pays touchés ou frontaliers de l’épidémie : le Libéria, le Mali, la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Sierra Léone, le Burkina Faso, le Bénin et la République Démocratique du Congo. Les besoins en personnels et en matériel sont importants et devront continuer à être satisfaits sur le long terme.
Soutenez notre action : faites un don ou rejoignez-nous !

Notre action

Médecins du Monde agit en priorité sur 8 pays touchés et frontaliers de l’épidémie.

Notre action

Notre actualité

Ebola : le Liberia sort du cauchemar

Le Libéria, où Médecins du Monde participe depuis près d’un an à la lutte contre Ebola, est officiellement débarrassé de l’épidémie. L’annonce a été faite samedi par l’Organisation mondiale de la santé, au terme de 42 jours sans qu’aucun nouveau cas ne soit signalé dans le pays. Un délai qui correspond à deux fois la période maximale d’incubation (21 jours) après le dernier décès enregistré.

« Ebola Free » mais vigilance redoublée

Le Liberia est ainsi devenu le premier des trois États d’Afrique de l’Ouest les plus durement touchés par Ebola à sortir du cauchemar. Mais si l’épidémie est déclarée terminée, la vigilance reste cruciale. Notamment parce que les pays frontaliers, la Guinée et le Sierra Leone, n’en sont pas encore sortis. Mais aussi car le système de santé libérien est gravement fragilisé.

Pendant l’épidémie, les acteurs de santé et les humanitaires ont fait face à un double enjeu : la prise en charge des malades du virus Ebola et la lutte contre la propagation de l’épidémie.

Médecins du Monde a choisi de se concentrer sur ce second volet. Pour stopper la transmission du virus, nous avons formé plus de 400 agents communautaires et éducateurs pairs aux actions de prévention. En allant à la rencontre des habitants de la capitale, Monrovia, et de ses environs, ils ont sensibilisé un million de personnes et œuvré pleinement à endiguer l’épidémie.

Un système de santé à reconstruire pour l’avenir

Médecins du Monde soutient cinq centres de santé à Monrovia, auprès de quelque 600 000 personnes. Pendant l’épidémie, nos équipes ont formé près de 200 agents de santé à l’identification des cas suspects et à leur prise en charge sans risque. Elles ont également apporté un soutien essentiel aux centres (appui en médicaments, fourniture de matériel de protection, gants, masques…) pour leur permettre de continuer à soigner d’autres maladies ou à suivre les grossesses.

Aujourd’hui, Médecins du Monde prévoit de poursuivre son action sur le long terme, car beaucoup de médecins et de soignants ont été parmi les premières victimes d’Ebola. La peur de l’épidémie se fait encore largement sentir et l’accès aux soins est durablement affecté.

Réhabiliter le système de santé, par la formation du personnel ou l’appui matériel, donner aux autorités sanitaires les moyens de faire face aux  crises sanitaires à venir, maintenir un niveau élevé de surveillance des épidémies… La mission de Médecins du Monde au Liberia est loin d’être terminée.

Ebola ou pas, reconstruire la santé au Libéria

20/11/2014

Médecins du Monde soutient cinq centres de santé à Monrovia. Ebola y a totalement destructuré le système de santé. Tout est à (re)faire pour la santé au Libéria.

A Monrovia, capitale du Libéria, l’un des trois pays les plus touchés avec la Guinée et la Sierra Leone, la vie suit son cours normalement. L’épidémie n’a frappé qu’un Libérien sur mille. Pas de quoi tétaniser un pays parmi les plus pauvres du monde qui paie chaque année un tribut infiniment plus lourd au paludisme pour ne citer que cet autre fléau.

La menace Ebola est pourtant bien présente dans cette apparente normalité. D’étranges bonbonnes en plastique recyclé ont fait leur apparition partout. Devant les échoppes, les habitations, pas toutes, et sur quelques places de villages. C’est la chlorine, l’eau chlorée tueuse de virus, avec laquelle il vous est vivement recommandé de vous laver les mains avant d’entrer.

Il y a aussi ces ambulances qu’on croise une fois ou deux par jours, toutes sirènes hurlantes dans Monrovia avec d’impressionnants équipages encagoulés, les mains gantées, les yeux couverts de lunettes aussi larges qu’un masque de plongée. Ils portent le PPE, Personal Protection Equipment, le fameux scaphandre popularisé par Ebola, protection vitale ici pour qui touche ou convoie un malade. Leur absence au début de la crise a décimé les soignants – plus de 150 en sont morts- et conduit les autorités à fermer les hôpitaux.

Et puis il y a les Centres de Traitement Ebola (ETU), véritables camps retranchés, ceints de hauts murs et de barbelés construits pour la prise en charge des malades. Il n’y en avait qu’un au plus fort de l’épidémie, en août. Faute de place, des patients n’ont pas pu y être admis et sont parfois morts à la porte. Mi-novembre, la situation s’est inversée. 600 lits sont disponibles pour 167 malades en traitement. Et l’aide internationale, si lente à s’activer au début, continue d’augmenter les capacités d’accueil. Mais les hôpitaux traditionnels eux, n’ont pas rouvert. Au Libéria, il est plus aisé aujourd’hui d’être pris en charge pour Ebola que de soigner une maladie courante.

Médecins du Monde travaille au plus près de la population. Chaque jour, 400 volontaires de santé communautaire sillonnent les quartiers les plus déshérités de Monrovia et sa banlieue. Ils font du porte-à-porte et diffusent leurs messages de prévention. « Bonjour ! Vous savez quels sont les symptômes d’Ebola ? Comment on l’attrape ? Comment on s’en protège ? Ce qu’il faut faire en cas de doute ? ». Instituteur au chômage depuis la fermeture des écoles, Alex Gandah a perdu un ancien collègue au début de l’épidémie. Il met toute sa force de conviction et son talent de pédagogue dans ce qui lui apparaît comme une mission. « C’est mon devoir. On est généralement bien reçu. Mais souvent les gens manquent de tout. Même de savon pour se laver. Alors quand vous leur parlez de chlorine … »

Médecins du Monde soutient 5 centres de santé aujourd’hui à Monrovia : Clara Town, Soniwein, Chocolate City, Bromley Virginia, Duport Road. 600 000 Libériens vivent alentour et n’ont d’autre recours dès lors qu’ils ont besoin de se soigner. Ces cinq centres ont des différences : à Soniwein, il côtoie une décharge publique. A Chocolate City, les voisins peuvent apercevoir les femmes qui accouchent.

Mais ils ont un point commun : les soignants n’ont souvent que leur bonne volonté pour venir en aide aux patients. « Sans les médicaments et le matériel que nous livre maintenant Médecins du Monde, nous n’aurions rien pour soulager les gens, rien à prescrire ». Akoi Kullie, médecin assistante du centre de santé de Chocolate City précise son constat : « C’était difficile avant. Ebola n’a rien arrangé ». Ebola ou pas, tout est à (re)faire pour la santé au Libéria.

Luc Evrard, directeur de la communication

Prévenir Ebola en Côte d’ivoire

20/11/2014
Alors que l’épidémie est loin d’être contrôlée dans le pays frontaliers que sont le Libéria et la Guinée, la Côte d’Ivoire n’a à ce jour déclaré aucun cas de fièvre Ebola.

Les autorités sanitaires rapportent que la mobilisation a débuté très tôt, dès le mois de mars, en émettant un bulletin spécial quotidien et un décret présidentiel Ebola, en sensibilisant et formant des soignants — plus de 400 à ce jour.

Renforcer le système de santé ivoirien

MDM intervient depuis 2011 dans le sud-ouest du pays jusqu’à la frontière avec le Libéria sur un programme de renforcement du système de santé ivoirien (ou PRSS) dans 125 centres de santé — couvrant environ 2 millions de personnes.

Les activités liées à l’épidémie Ebola sont venues s’intégrer dans celles existantes du PRSS ce qui a bien évidemment facilité leur mise en œuvre. La formation et la protection du personnel MDM — grâce à des équipements de base — a été mise en place en priorité ainsi que la protection des agents de santé de première ligne. MDM a également élaboré avec les autorités sanitaires des plans d’action et outils de gestion de lutte contre la fièvre Ebola et participé aux mécanismes de coordination, de suivi et d’évaluation.

Dès le mois d’août, les équipes du PRSS associées aux équipes nationales ont sensibilisé à l’épidémie les leaders communautaires et religieux mais aussi les enseignants et les professionnels de la communication. Cette sensibilisation massive via les radios communautaires et l’utilisation d’outils pédagogiques comme des boites à images, des centaines d’affiches et 20 000 dépliants ont permis de diffuser très largement des milliers de messages, y compris dans des endroits sensibles que sont les marchés, les écoles et les ports de pêche.

MDM a également participé à renforcer le système de surveillance épidémiologique notamment en formant des agents de santé communautaires et en renforçant le suivi des protocoles nationaux. Afin de réduire les risques de transmission, du matériel de protection et d’hygiène a été distribué dans les centres de soins primaires.

Former les professionnels de santé et chefs communautaires

Pilier de nos activités, les formations en sessions de 4 jours organisées connaissent un franc succès. Il faut dire qu’elles sont participatives, interactives, animées par un binôme soignant / logisticien : 160 personnes seront formées fin décembre. Tous les aspects de l’épidémie sont abordés. Les sessions sont animées par des mises en situation et des exercices de simulation, notamment ceux relatifs à l’habillage avec l’équipement de protection individuel EPI, la tenue étanche, les bottes, les sur-bottes, les lunettes, la cagoule, les masques avec ou sans soupape, la double paire de gants…

De la théorie à la pratique, nous visitons des centres de soins primaires. La sensibilisation sur Ebola porte ses fruits, les affiches recouvrent les murs, les messages diffusés sont perçus à la fois comme des alertes mais aussi comme des signes rassurants : la Cote d’Ivoire a pris la mesure du risque encouru et la population est informée.

Penser une réponse régionale

L’expérience de la Cote d’Ivoire nous permet de penser une réponse régionale. Le partage d’expérience se fait avec les pays affectés mais aussi avec d’autres pays d’intervention : République Démocratique du Congo, Mali, Burkina Faso. Nous échangeons aussi avec le réseau international, MDM Espagne et UK qui interviennent sur un autre modèle en Sierra Leone où l’épidémie flambe en milieu rural.

Cette épidémie met à rude épreuve le système public de soins des pays de l’Afrique de l’Ouest et ce, dans toutes ses composantes. Elle bouscule les hommes et les institutions par sa virulence, son ampleur et ses répercussions socio-sanitaires, économiques et politiques. Dès lors le problème qui se pose — pour les décideurs et tous les acteurs impliqués dont nous faisons partie — est : comment tirer le meilleur bénéfice possible et capitaliser au maximum les expériences accumulées à travers les plans de riposte à l’épidémie Ebola ? Comment transformer une menace en une avancée décisive dans le domaine du renforcement du système de santé, comment en profiter pour accroitre la confiance dans ce système de soins, comment profiter de la forte mobilisation sociale associant les communautés, les autorités traditionnelles et religieuses ? Ces effets collatéraux positifs, attendus lors de la mobilisation autour du VIH, se sont révélés modestes. Qu’il puisse en être autrement cette fois ci.

Dr Françoise Sivignon, vice-présidente

Médecins du Monde a besoin de vous

15/09/2014

Médecins du Monde a besoin de vous. C’est votre solidarité et votre soutien qui rendent possibles nos actions auprès des populations les plus fragiles.

La fièvre Ebola qui sévit actuellement en Afrique de l’Ouest est hors de contrôle et les infrastructures déjà défaillantes des trois pays les plus touchés (Libéria, Sierra Leone et Guinée) sont dépassées.

Depuis l’identification de cette fièvre hémorragique en 1976, c’est l’épidémie la plus meurtrière jamais enregistrée. Le bilan établi le 16 septembre dernier par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), fait état de 2461 décès sur 4985 cas recensés. Plus de la moitié de ces décès ont été enregistrés au Libéria qui apparaît de plus en plus comme l’épicentre du fléau. Une menace sérieuse pèse aussi sur les pays voisins non encore officiellement touchés comme la Côte d’Ivoire.

Dans tous ces pays où Médecins du Monde est présent, les acteurs de santé et les humanitaires sont face à un double enjeu.

D’abord la prise en charge des malades. Elle est rendue extrêmement difficile du fait de la dangerosité du virus et de l’absence de remède probant : Ebola se transmet par contact direct avec les liquides biologiques, il n’existe aucun vaccin homologué et la maladie provoque la mort dans un cas sur deux en moyenne.

L’autre enjeu est la lutte contre la propagation de l’épidémie.

C’est sur ce deuxième volet tout aussi essentiel que le premier que Médecins du Monde a choisi de faire porter ses efforts.

Comme le dit Pierre Sallah, coordinateur général de MdM au Libéria : « Si on veut stopper la transmission du virus, il est essentiel de former et d’informer en s’appuyant sur la participation des communautés concernées. A défaut, la situation ne pourra qu’empirer. » Or au Libéria en particulier, « c’est le chaos, le système de santé vacille », poursuit Pierre Sallah. « Plus de 150 soignants ont déjà été contaminés. Une partie du personnel médical a déserté par crainte du virus. Beaucoup de patients évitent les centres de santé pour les mêmes raisons. Et du coup, les autres pathologies, qui restent mortelles – paludisme, appendicite, etc.-, ne sont plus soignées. Ce qui aggrave la situation sanitaire. »

Médecins du Monde s’est donc donné trois priorités :

– la prévention et la sensibilisation des populations via la formation des travailleurs sanitaires communautaires,
– le soutien aux structures de santé (fourniture de matériel de protection, gants, masques, etc…),
– la formation du personnel des centres de santé à l’identification des cas suspects.

Dans ce nouveau combat vital qui nécessite des moyens de grande ampleur, Médecins du Monde a besoin de vous. C’est votre solidarité et votre soutien qui rendent possibles nos actions auprès des populations les plus fragiles.

Très solidairement,
Docteur Thierry Brigaud, Président de Médecins du Monde

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